Institut Français pour la Recherche sur le Mormonisme (IFReM)

Vous êtes étudiant et vous envisagez d’étudier le mormonisme? Vous êtes chercheurs et vous avez publié ou envisagé de publier sur le mormonisme? Vous êtes journalistes et vous  vous intéressez au mormonisme? Vous êtes monsieur et madame tout-le-monde et vous avez une question sur l’histoire, la sociologie, l’évolution du mormonisme, etc.? Alors, ce qui suit vous concerne.

l’IFReM, une initiative ambitieuse pour les études mormones

Plus qu’un titre ou d’une simple note passagère, dans ce contexte où, pour la première fois dans l’histoire, un mormon, Mitt Romney, s’apprête à être désigné candidat d’un grand parti politique aux États-Unis, le temps me semble venu d’annonce une initiative ambitieuse pour les études mormones, à savoir la création de l' »Institut Français pour la Recherche sur le Mormonisme », ou IFReM, son acronyme. Cette initiative se veut être LA référence sur le mormonisme et les études mormones en France et dans les pays francophones. A cet égard, le principal objectif de l’institut sera la promotion (accompagnement, facilitation…) de la recherche sur le mormonisme. Cela prendra plusieurs formes dont la création d’une base de données qui répertorie tous les spécialistes francophones du mormonisme, la création d’un fonds de documentation (identification et, si possible, obtention d’originaux ou de copies de documents et de travaux sérieux) et de dotation afin de publier des travaux sur le mormonisme (aide à la publication de mémoires, de thèses, création d’une revue des plus hautes qualités, etc.).

Les premiers membres

L’institut est à l’initiative des chercheurs bordelais suivants:

  • le sociologue Pierre Vendassi, Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER) à l’Université Victor Ségalen et qui rédige actuellement une thèse sur les stratégies missionnaires et l’implantation du christianisme en Chine;
  • le professeur Bernadette Rigal-Cellard, que je ne présente plus et dont le livre, La religion des mormons (Albin Michel), est à annoncé pour mi-septembre;
  • et moi-même, Carter Charles, votre humble serviteur, auteur de ce blog qu’il n’y a plus lieu de présenter ici.

D’un point de vue administratif, l’institut est déclaré comme association loi 1901 (préfecture de Bordeaux) et est dirigé par:

Dirigeants IFReM: Pierre Vendassi, Bernadette Rigal-Cellard, Carter Charles

  • Carter Charles: président;
  • Bernadette Rigal-Cellard: vice-présidente;
  • et Pierre Vendassi: trésorier.

Le chercheur Jean-François Mayer, l’un des pionniers de la recherche sur le mormonisme en langue française, est membre d’honneur de l’institut. D’autres personnes susceptibles de contribuer efficacement aux objectifs de l’institut recevront cette distinction.

Comment et pourquoi rejoindre l’IFReM?

Oui, ceux qui sont ou embarquent dans une carrière dans laquelle le mormonisme, les religions, jouent ou joueront un rôle sont fortement encouragés à devenir membre de l’institut pour pouvoir soutenir son projet, avoir facilement accès à ses ressources, etc. Je vous espère nombreux, des spécialités universitaires et d’horizons divers et variés, à venir nous rejoindre dans cette aventure, si toutefois vous vous sentez d’aborder le mormonisme de manière académique, avec toute la rigueur que cela implique et d’enrichir notre démarche. Un appel à adhésion sera lancé très prochainement. A ce moment seront communiqués les modalités, montants et durée de l’adhésion.

Longue vie à l’IFReM et aux études mormones!

Colloque mormonisme, Bordeaux-France : appel à communications

« L’évolution du mormonisme de la secte à l’Église, de l’Église aux sectes »

Université de Bordeaux 3

 6 et 7 décembre 2012

Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

 Colloque international organisé par Bernadette RIGAL-CELLARD en partenariat avec le Master Religions et Sociétés et l’Équipe d’accueil CLIMAS (EA 4196) de l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3

En collaboration avec :

Carter CHARLES, CLIMAS (Cultures et Littératures des Mondes Anglophones)

Régis DERICQUEBOURG (CNRS : sociétés, religions, laïcités, UMR 85-82)

L’Observatoire européen des religions et de la laïcité

Appel à communications :

Faisant suite au premier colloque universitaire en France sur le mormonisme que nous avions organisé en décembre 2009 et qui abordait son rapport aux sociétés et aux États, celui-ci interroge les modalités de son évolution institutionnelle.

La typologie des groupes religieux actuellement reconnue inclut, schématiquement, le culte, la secte, la dénomination, l’Église, le mouvement. Tous ne vont pas forcément passer de l’un à l’autre, un certain nombre pouvant stagner, volontairement ou non, à chacun de ces niveaux, ou disparaître. C’est la qualité prophétique et organisationnelle du/des fondateur/s et des successeur/s qui dicte l’évolution ou non du dit groupe tout autant que le climat social et politique extérieur. Le mormonisme constitue une des religions les plus intéressantes à étudier dans ce cadre car depuis sa naissance en 1830 il opère des mutations constantes qui ont fait passer son institution principale, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, du statut de « secte », au sens de groupe se détachant d’une tradition majeure pour suivre un prophète radical, à celui de « dénomination », pour atteindre, dans son pays au moins, le couronnement de celui d’« Église ».

Si l’histoire générale du mormonisme est relativement bien documentée, ce n’est pas le cas de toutes ces subtiles étapes qu’il a franchies en moins de deux siècles, étapes que la plupart de ses concurrents nés dans les mêmes conditions n’ont jamais pu dépasser. Comment a-t-il progressé de la séparation la plus absolue dans ses débuts à l’inclusion quasi aboutie en 2012 dans son pays d’origine et dans plusieurs autres pays, et au chiffre d’environ quatorze millions de baptisés dans le monde aujourd’hui ?

Les participants se concentreront sur :

– l’examen du statut d’Église de son institution principale : en effet si le type Église se définit notamment par un grand inclusivisme, une discipline libérale, une appartenance essentiellement par naissance…, comment concilier l’exclusivisme, la discipline stricte, la dépendance sur le prosélytisme…, du mormonisme avec le dit statut, ou alors ne relèverait-il encore que du type dénomination ?

– les stratégies charismatiques et organisationnelles déployées par le prophète fondateur, Joseph Smith, son successeur immédiat le prophète organisateur Brigham Young, et les prophètes présidents suivants afin d’élargir le noyau initial de disciples et obtenir la reconnaissance statutaire ;

– les agents de l’interaction avec la société environnante et le gouvernement aux États-Unis ; la gestion des idiosyncrasies : s’agit-il de les minorer, de les maximiser ?

– les modifications de la doctrine et/ou des rituels pour obtenir la reconnaissance ;

– la participation des médias nationaux et des médias contrôlés par le groupe à l’opération de normalisation des rapports groupe religieux/extérieur.

Le début de 2012 démontrant la solidité de la candidature de Mitt Romney à la nomination républicaine :

– quelles stratégies son équipe utilise-t-elle pour transformer son mormonisme en atout et non en handicap ?

– Quel impact sa candidature peut-elle avoir sur les rapports entre Église et État, religion et politique aux États-Unis ?

En outre, il est bien évident que si les mutations du mormonisme s’élaborent essentiellement aux États-Unis, elles se manifestent également dans ses implantations internationales. On interrogera alors le statut dont il relève en dehors de son pays d’origine :

– les modalités évolutives de la reconnaissance ou non du mormonisme par les sociétés et les gouvernements étrangers ;

– les activités de relations publiques, médiatiques, à l’étranger…

Enfin, dès lors qu’un mouvement naguère minoritaire s’institutionnalise, il ne peut plus satisfaire tous ceux qui l’avaient (ou l’auraient) choisi pour son feu originel, et il s’expose par conséquent à de nouvelles ruptures. Le mormonisme n’a pas attendu la reconnaissance extérieure pour être sillonné de courants schismatiques puisqu’il les a suscités dès ses premières décennies (Église réorganisée, maintenant Communauté du Christ, entre autres…). Les participants examineront les mobiles exacts de ces scissions passées et actuelles (les divers mouvements fondamentalistes par exemple), et l’impact de celles-ci :

– sont-elles le résultat de simples luttes internes pour le pouvoir ?

– quel rôle jouent les modifications doctrinales et rituelles ?

– ces groupes entretiennent-ils des rapports institutionnels et/ou humains avec l’institution majoritaire de Salt Lake ?

– la pression que leur existence exerce, directement ou indirectement, sur celle-ci la fait-elle évoluer, et si oui comment ?

– quels rapports les groupes dissidents entretiennent-ils entre eux ?

– quelle évolution les groupes nouveaux ainsi constitués ont-ils suivie ou vont-ils suivre ?

Envoyer une proposition de 20 lignes, une biographie réduite, avant le 15 septembre 2012 à : bcellard@numericable.fr

Aucune aide au financement ne pourra être accordée aux participants.