Ultra Violet: de la Factory d’Andy Warhol à une paroisse mormone

« Ultra Violet was Mormon??? » – Ultra Violet était mormone?, telle est la question, incrédule, d’un internaute sur Times and Seaons, un blog mormon.

J’avoue avoir été un instant tout aussi surpris de cette information. C’est pourtant vrai, Isabelle Collin Dufresne, cette franco-américaine qui nous a quittés le 14 juin dernier a évolué de la Factory d’Andy Warhol dont elle était une figure de premier plan à la fin des années 1960 au mormonisme en 1981.

Comme on peut le lire ici et là dans la presse, après une vie caractérisée principalement par la drogue, le sexe et tous les plaisirs ce qui accompagnent la célébrité des Sixties, Ultra Violet raconte avoir été gravement malade en 1973 au point de se vider de son sang. Admise à l’hôpital, elle a vécu une expérience mort imminente (EMI) ou expérience proche de la mort (Near Death Experience – NDE), pour utiliser l’expression anglo-saxonne, qui marquera le début de son évolution vers le mormonisme où elle a trouvé les réponses à ses questions existentielles.

Glen Nelson, son coreligionnaire et fondateur du collectif « Mormon Artists » à New York, se souvient d’elle dans une note comme « une des plus grands artistes de l’histoire de l’Église [mormone] » qui a même reçu la dotation, le rituel le plus important dans le temple mormon.

Mais, la mormone qu’elle était devenue ne semble pas avoir perdu sa capacité à surprendre. Nelson écrit qu’Ultra Violet lui a confié un jour avoir écrit une pièce où elle fait se rencontrer au ciel Andy Warhol, Adolf Hitler et Joseph Smith, le fondateur du mormonisme!

Quelques témoignages  où Ultra Violet évoque son passé d' »enfant prodigue » :

 

Interview donnée par Ultra Violet en français: http://www.ina.fr/video/I08085069

« Devenir mormon »: un étude sociologique à se procurer absolument

Le spécialiste du mormonisme que je suis se devait de sortir de son silence radio pour annoncer, à ceux qui ne le savent pas encore, la parution de Devenir mormon: La fabrication communautaire de l’individu, de la sociologue Sophie-Hélène Trigeaud, aux Presses Universitaires de Rennes (PUR).

Préfacé par l’éminent Jean-Paul Willaime, ce livre est un ouvrage magistral à se procurer absolument pour qui veut aborder le mormonisme en dépassant les clichés. Magistral, car pour le prix de ce livre, vous avez une excellente thèse faite à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), par une sociologue qui a étudié le mormonisme en France (à Bordeaux et Paris notamment), au Danemark et aux États-Unis, et cela pendant plusieurs années.

Non, je n’ai pas lu le livre… encore; mais je parle en connaissance de cause : je connais Sophie (l’auteure), je l’ai vue à l’œuvre pendant plusieurs années, et je fais partie des quelques privilégiés qui ont reçu un exemplaire de sa thèse bien avant cette publication.

Et puis, vous n’avez pas à prendre ce que je dis pour paroles d’évangile. On peut s’en faire une bonne idée avec les informations généreuses (16 pages d’introduction annotées!) fournies par l’éditeur soit en les téléchargeant ci-dessous (cliquer sur les titres; format .pdf), soit en vous rendant sur le site internet des PUR (cliquer sur l’image en haut, à gauche).

Table des matières Devenir mormon, Trigeaud

Introduction Devenir mormon, Trigeaud

Quatrième de couverture Devenir mormon, Trigeaud

Le livre de Sophie est une excellente contribution à la bibliothèque des « études mormones » en France. Nous l’accueillons volontiers et attendons avec impatience les thèses en cours et la publication d’une autre thèse soutenue la même année sous la direction de Jean-Paul Willaime (salut Ch. E.! Nous pensons bien à ta thèz… enfin, à toi!).

Bonne lecture et… commandez le livre de Sophie, ça vaut le détour!

P.S (MAJ 15/06/13): amis mormons un brin traumatisés par un passé que vous n’avez pas vécu, mais qui demeure tout de même votre héritage de pionnier, le livre n’est pas un traité de théologie mormone ni un guide d’étude dominicale. Aucun livre n’est parfait. Je rappelle d’ailleurs que des livres écrits par des apôtres qui voulaient mettre par écrit la doctrine mormone ont été revus et corrigés, ou complètement abandonnés par l’institution. Sortez la tête du guidon et lisez comme si vous n’étiez pas mormon… enfin, je vous demande de faire l’impossible, je sais.

Les mormons en Amérique: un énième documentaire d’introduction au mormonisme

En passant

C’est en anglais (désolé pour ceux qui ont dormi pendant les cours d’anglais ou qui en ont profité pour faire les exercices de maths!) mais cet énième documentaire d’introduction au mormonisme a le mérite de reconnaître qu’il persiste une méconnaissance du mormonisme qu’il convient de faire reculer.

La diffusion du documentaire est prévue pour ce jeudi soir mais déjà, les extraits mis en ligne donnent à voir une approche contemporaine et un traitement favorable à l’Église mormone et à Mitt Romney. On a en effet mis de côté les a priori et critiques superficielles pour laisser les mormons se présenter et dire comment ils vivent leur foi. Si cette démarche est plutôt bienvenue pour qui est pétri de certitudes infondées sur le mormonisme, elle n’en demeure pas moins incomplète. Elle vire par moments à la tribune panégyrique car, à en croire les extraits, on n’a pas jugé bon de donner d’autres perspectives que celles des fidèles et de l’institution.

Quelques extraits: « Mormon in America », Rock Center, NBC

N.B: Dans l’extrait montrant le « Bishop Central Warehouse », en réalité « Bishop Storehouse » (= Magasin de l’évêque) dans le jargon mormon, on compare la zone d’entreposage à  Cotsco, une grande chaine de distribution américaine.

Quoi qu’il en soit, ce documentaire est le premier d’une longue série dont la diffusion coïncidera avec la Convention du parti républicain où Mitt Romney deviendra officiellement le premier mormon à porter les couleurs et à défendre la vision de l’un des deux grands partis étasuniens. Inédit! A ne pas manquer.

MAJ 24 août 2012: les remarques de la fin du second paragraphe reposent sur les nombreux extraits diffusés  avant le documentaire et étaient dites sous toutes réserves. Or, le Deseret News, organe de presse de l’Église mormone, nous apprend aujourd’hui que le contenu est beaucoup plus diversifié que cela. On y apprend qu’il y a bien un historien qui intervient pour éclairer de sa perspective, que l’universitaire-blogueuse et féministe mormone, éh oui, ça existe, Joanna Brooks, est interviewvée, ainsi qu’un jeune mormon homosexuel… En dehors de cet historien, tout ce petit monde apparait dans ce chapitre.

Cette diversité des intervenants permettra de mieux saisir ce qu’est le mormonisme en Amérique avec ses réalités historiques et sociales contemporaines.

Note sur article Tatu dans le Nouvel Obs: réponse de l’intéressée

Ci-dessous la réponse de Natacha Tatu à ma note d’hier (12 avril 2012), avec son autorisation.

« Je respecte tout à fait votre point de vue, permettez moi de défendre le mien. Je suis loin d’être aussi calée que vous sur le sujet, mais j’ai la chance d’avoir des amis mormons à Salt Lake (et qui j’espère le resterons!), qui m’ont ouvert beaucoup de portes, et avec qui j’ai pu aller  au fond des choses, plus que pour une simple interview.

J’ai rencontré une vingtaine de Mormons ou ex mormons. Ce qui m’a frappé, c’est qu’ils sont d’accord sur un certain nb de points, les uns s’en félicitent, les autres le regrettent, ce qui me fait dire que ce ne doit pas être tout à fait faux, et ce sont ces points que je reprends.

1) C’est une religion très contraignante, « pas une religion du dimanche », quelque chose qui guide l’ensemble de votre vie, sous tous ses aspects, et qu’on ne peut adopter « à moitié ». (Les un disent que cela leur apporte la paix, d’autres, que cela leur enlève leur lmibre arbitre, Au point que certains parlent de secte, mot que je n’ai jamais repris ) C’est ce qui m’a le plus frappé dans cette enquête.

2) C’est une religion tournée vers les valeurs du passé, obsédée par la pureté, qui tourne le dos aux évolutions de la société (homosexualité, rôle des femmes, etc…)

2) c’est une religion prosélyte (et je ne parle pas des baptêmes posthumes, pour le coup, vraiment choquants)

3) C’est une religion qu’on quitte difficilement et qui n’autorise pas, comme d’autres églises, des interprétations de doctrines, des branches plus libérales, etc…

4) C’est une religion assez secrète, ce qui entretient la suspiscion, et très hiérarchisée, ce qui ne permet pas bcp de marge de manoeuvre

5) C’est une église très riche.

Pour ce qui est de Mitt Romney, en tant que bishop, il a appliqué ces principes (de pureté etc..) à la lettre. Vous avez certainement lu des témoignages. Il a encouragé des mères célibataires à confier leur enfant à l’adoption, demandé l’excommunication des femmes qui avaient commis l’adultère etc..C’est normal, il était dans son rôle. On ne peut accuser toutes les personnes qui révèlent ces faits de faux témoignages et de parti pris, si?

Mitt Romney dit aujourd’hui qu’il va démanteler le planning familial, ca ne me semble pas anodin.

Enfin, last but not least, les mormons sont des gens extrêmement souriants, agréables et courtois. C’est une réalité. Il fallait lire la phrase de helen Radkey comme un simple clin d’oeil,(elle a été beaucoup plus radicale dans son jugement et je ne l’ai pas utilisé dans le papier);  désolée si cela vous a blessé, ce n’était pas le but. Encore une fois, je ne pense vraiment pas avoir fait une enquête à charge.

Si vous souhaitez que nous débattions d’autres points, n’hésitez pas.

Encore une fois, désolée pour la photo, j’ai eu une explication avec le service concerné, ils me disent que la photo n’avait pas été legendée et mise en contexte. Ils s’en sont tenus à l’aspect esthétique. c’est une regrettable erreur, et un dysfonctionnement: les redacteurs de l’article ne voient pas la photo surtout lorsqu’ils sont à l’étranger. »

Comme vous le constatez, cette réponse est publiée « en l’état ». Il s’agit d’un échange de mails entre elle et moi mais je n’y ai pas mis les réserves, questions et autres remarques soulevés par sa réponse.

Les catholiques du GOP préfèrent Romney le mormon à Rick Santorum l’ultra-conservateur

Deux études expliquent le titre de cette note. La première a été publiée environ une semaine avant le Super mardi sur le site Religion News Service dans un article où on lit, entre autres, que le vrai candidat catholique n’est ni Rick Santorum, ni Newt Gingrich mais Mitt Romney. Il suffit de regarder le camembert (ci-contre) pour comprendre le bien fondé d’une telle affirmation.

La seconde étude vient du Pew Forum, très sérieux centre de recherche sur les religions dans l’espace public aux États-Unis, qui vient de publier ses sondages sur le vote religieux lors du Super mardi d’hier. Les chiffres ont confirmé ce que l’on savait déjà depuis 2008, à savoir que les évangéliques n’aiment pas Romney le mormon et font tout pour se l’éviter. Je renvois sur ce point aux nombreuses notes sur ce blog (rechercher « Jeffress », « Warren Cole Smith », etc.) et à cet article et celui-ci (malgré leurs imperfections) sur la question publiés sur le portail Observatoire du Géopolitique de l’IRIS. Par contre, ce qui est maintenant avéré – je le faisais remarquer il y a un peu plus d’une semaine dans un entretien accordé à un journaliste – c’est la confirmation que les catholiques du parti de l’éléphant se reconnaissent davantage dans le mormon Mitt Romney que dans leur coreligionnaire Rick Santorum. Les chiffres sont là:

Source: Pew Forum

Sur cet échantillon de 5/10 des états à avoir voté hier, le Pew relève que Mitt Romney remporte le vote de l’électorat catholique au sein du Parti républicain dans 4 états sur 5 ; et il fait presque jeu égal à Rick Santorum (35% contre 36%) dans le Tennessee où les catholiques sont minoritaires dans le parti. Mitt Romney réussit à s’imposer auprès de cet électorat même dans l’état remporté par Newt Gingrich. Quant au Massachusetts, état où Mitt Romney a été gouverneur et à partir duquel il dirige sa campagne, on voit que les catholiques ont massivement voté pour lui: il obtient 75% du vote catholique.

Plusieurs conclusions à tirer de ces chiffres. Avant tout, il faut se garder de conclure à un rejet total de l’ultraconservateur Rick Santorum par les siens. Les chiffres et la présence des catholiques dans les batailles sur les « questions morales » (avortement, contraception, mariage homosexuel) ne permettent pas d’affirmer cela. A mon sens, il faut surtout voir un refus d’accorder crédit à l’excès de religiosité dont Santorum fait preuve et de son positionnement en tant que candidat anti-science.

En effet, quand on connait l’histoire difficile des catholiques aux États-Unis, on se dit qu’ils n’ont pas dû être beaucoup à se reconnaître dans les affirmations de Santorum que le discours de JFK sur la séparation de l’Église et de l’État lui a presque donné envie de vomir. Rien que ça! Comment Santorum peut-il rejeter de la sorte le plus grand de ceux qui ont contribué à faire sortir le catholicisme du bois aux États-Unis?

Pour ce qui est de l’anti-science de Santorum, il faut surtout se référer à son affirmation que le souhait de Barack Obama de voir les jeunes américains aller à l’université relève du snobisme. Pour lui, il ce n’est pas nécessaire d’aller à l’université parce qu’on s’y fait endoctrinés. (Pour la petite histoire, Santorum fait partie de ces Américains qui enseignent leurs enfants à la maison.) C’est à se demander si ce n’est pas justement cela le snobisme, réserver l’éducation à une minorité. C’est également à se demander si Santorum se souvient de ce qui lui a permis de devenir sénateur des États-Unis et de prétendre à la présidence de son pays. Ce raisonnement fait davantage penser à la culture amish: pas d’université, pas de science, pas de technologie et on se déplace en calèches!

Si les catholiques ne se reconnaissent pas tant que cela dans Rick Santorum, on pourrait se poser la question de savoir pourquoi ils ne votent pas pour Newt Gingrich, leur second coreligionnaire dans la primaire. Il y a à mon sens trois raisons possibles.  En premier lieu, je dirais qu’iIs ne sont pas communautaristes: il ne suffit pas d’être catholique pour obtenir le vote des catholiques. En second lieu, je dirais qu’ils votent pour celui qui est le plus proche d’eux s’agissant des valeurs: Newt Gingrich a divorcé plusieurs fois; aurait proposé une « union libre » à l’une de ses ex-épouses alors que Mitt Romney est marié depuis plus de 40 ans avec la même personne. En troisième et dernier lieu, je dirais qu’ils ont choisi Mitt Romney parce que c’est ce veut le bon sens politique: malgré ses faiblesses, Mitt Romney est le seul candidat crédible; de fait les catholiques ne semblent pas avoir eu trop de difficultés à dépasser les divergences religieuses pour ce qui est de la religion de Romney.

Il est d’ailleurs certainement beaucoup plus facile pour un catholique de voter Romney que pour un évangélique de le faire parce que eux, savent à quel point c’est injuste de croire que la religion d’un homme politique ferait de lui le représentant de sa hiérarchie religieuse.

Mormonisme et les Obama: petite dose de rappel

michelle+obama+lds+church.jpgLe 6 juin dernier, j’intitulais ma note « Tout le monde en pince pour Obama, les mormons aussi« . J’avais évoqué pour ce faire le score de Barack Obama en Utah par rapport aux précédents candidats démocrates. J’y avais également fait état de sa généalogie, sujet dont j’ai parlé par ailleurs sur ce blog.

Il s’agit aujourd’hui de rendre compte d’une petite piqure de rappel mettant en évidence cette appréciation des mormons pour la première famille américaine. Après Barack Obama, c’était le tour de Michelle, son épouse, de recevoir une compilation de sa généalogie de la part des représentants de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (EDJSDJ). Selon les informations de la Salt Lake Tribune, la Maison Blanche a confirmé la rencontre, mais a refusé d’en montrer des photos. La photo postée à droire, moins récente, a été prise lors d’une autre rencontre entre Michelle Obama et deux apôtres (Russel M. Ballard, à droite; Quentin L. Cook, à gauche) de l’Eglise lors d’une visite en Utah.

La compilation généalogique, appelée depuis peu « histoire familiale » par les mormons, a été remise par l’apôtre Dallin H. Oaks et Julie B. Beck, présidente de la Société de Secours, l’organisation regroupant les femmes dans l’EDJSDJ. Le fait d’associer une dirigeants de l’Eglise a cette rencontre officielle mériterait une réflexion particulièrement mais je n’ai pas le temps de m’y attarder maintenant.

Harry Reid, que je ne présente plus ici, qui a remis une photo de la rencontre mais sur laquelle ne figure pas Michelle Obama, a également été de la partie.

Il est à rappeler que c’est devenu une tradition, débutée avec Bill Clinton, pour l’EDJSDJ de remettre aux présidents américains une compilation de leur généalogie / histoire familiale.

Un peu de pub… pour Chrystal Vanel

Je viens de découvrir sur le site de Religioscope une étude par Chrystal Vanel sur la Communauté du Christ, jadis Eglise Réorganisée de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Chrystal Vanel est doctorant à l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) sous la direction de Jean-Paul Willaime. Membre associé du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) du CNRS, il s’intéresse aux groupes minoritaires du mormonisme.

L’étude en question a été publiée en novembre dernier. Intitulée « La Communauté du Christ : la protestantisation d’un mormonisme particulier », elle est téléchargeable gratuitement sur le site de Religioscope ou ici (PDF).

Il n’est pas toujours facile d’abonder dans le même sens que Chrystal, un certains nombres de points mériteraient en effet d’être éclaircis. Notons à titre d’exemples ce qui suit:

  • « il n’y a pas un mormonisme, mais des mormonismes » (p. 3). Il s’agit ici d’un gros point de désaccord entre Chrystal et moi. Il souhaite en effet que l’on parle « des mormonismes » tout comme on parle « des protestantismes » à l’École Pratique des Hautes Études. J’estime pour ma part que la reconnaissance de groupes multiples et d’évolutions spécifiques ne conduisent pas à plusieurs mormonismes. J’estime en effet qu’il y a un mouvement dynamique (et non « monolithique », j’en conviens) appelé mormonisme.
  • « de grands et rapides changements politiques (du système républicain au système démocratique) » (p. 5), la partie entre parenthèses, censée préciser les choses me parait justement un peu étanche.
  • « les Américains cherchèrent stabilité et confort près d’une religion très émotive, celle des Grands Réveils religieux » (Ibid): est-ce à dire que les Grands Réveils sont devenus une religion?
  • En page 8, il parle du « mormonisme primitif »: ici, je le titille un peu. Cette expression a déjà fait l’objet de pas mal d’échanges entre lui et moi. Le substantif « primitif » me parait un peu désobligeant.
  • Je suis un peu surpris qu’il ait interprété les propos de Douglas Davies comme une remise en cause du statut de « religion mondiale » de l’EDJSDJ parce qu’elle est éminemment américaine et que la Communauté du Christ, elle, « serait une ‘religion mondiale' » (p. 22). Je suis de ceux qui pensent que l’américanité de l’EDJSDJ ne laisse pas assez de place à la prise en compte d’autres spécificités culturelles. Toutefois je ne crois que l’on puisse dire la dimension mondiale d’une religion à partir des seuls constats culturels.
  • en page 13, il est question d’un « très grand succès » de l’Église Réorganisée en Haïti. Un lecteur qui voudrait en savoir davantage s’attendrait à avoir des éléments factuels sur ce point.

Je note ces exemples en connaissance de l’intérêt de Chrystal pour l’échange. Bien entendu, il sera informé de cette note afin qu’il puisse répondre, s’il le souhaite. Mais quoiqu’il en soit, ces points de questionnements ou de désaccords ne doivent pas bouder le plaisir d’avoir accès gratuitement et en français à la recherche sur le mormonisme. C’est une très bonne chose que la recherche avance sur ce terrain.